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Conte de RER

Il était une fois, un homme qui avait pour seul plaisir que de se coller aux autres dans le RER*, juste pour voir son voisin tirer la tronche. Lorsque le compartiment était quasi-vide, il se mettait quand même à côté de quelqu'un.

Les gens tous méchants qu'ils sont l'appelait l'emmerdeur de première (même si la première classe a disparu des RER depuis au moins 10 ans) et avaient trouvé la parade pour essayer de contrer son vice.

Ils se mettaient tous les uns ) côtés des autres, ce qui faisaient que la plupart du temps, l'emmerdeur de première ne pouvaient s'asseoir à côté d'aucune personne isolée et se retrouvait seul.

Petit à petit, les gens prenant l'habitude de s'asseoir les uns à côté des autres, se mettaient à converser ensemble, à s'ouvrir à discuter à débattre. Le RER devint un vrai lieu d'échange. Des philosophes, des sociologues venaient de tous les pays pour observer ou participer à cet échange. Les gens devenaient plus ouverts et plus conciliants, s'invitaient même hors du RER. Cette fraternité, cette sympathie fit baisser la délinquance, ce qui enchantaient encore plus les gens.

Le seul qui était emmerdé par tout cela était l'emmerdeur de première qui ne pouvait plus éprouver son plaisir.

Alors il se fit une raison et arrêta d'essayer à tout prix de se coller aux gens dans le RER. Il changea même sa façon de voyager. Désormais il prend sa voiture. Et son seul plaisir était de respecter scrupuleusement le code de la route.

De leur côté les gens du RER arrêtèrent d'essayer à tout prix de se s'asseoir les uns à côté des autres, n'ayant plus d'emmerdeur à contrer. Puis ils ne se parlèrent plus, et la vie repris son cours comme avant. Les philosophes et les sociologues se dirent que c'était tant pis, puis rentrèrent chez eux pour écrire un bouquin.

L'emmerdeur de première sur RER devint l'emmerdeur en voiture, car son respect scrupuleux du code de la route agaça beaucoup de gens.

Un jour qu'il était un pied, une voiture le renversa, car elle avait grillé un feu rouge.

L'emmerdeur n'était plus, et ça ne dérangea plus personne.

Moralité : Il faut parfois des emmerdeurs pour changer les choses.

* Réseau Express Régional (le train de banlieue)

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