Robert menait une vie des plus banale. Tout les jours, il se levait à la même heure et allait faire un footing. Après une bonne douche, il se rendait à son travail, une agence de VRP qui vendait des canards violet en caoutchouc, entreprise dans laquelle il avait été élu plusieurs fois employé du mois. Enfin franchement, tout ça on s'en fout, c'est histoire de faire une petite introduction à l'histoire incroyable que je vais vous conter.
Un jour donc que Robert rentrait du travail, il vit une forme informe ramper immobilemment (et pourquoi j'aurais pas le droit de faire des blagues moi?!) à quelques mètres de lui. Il se précipita pour voir qui donc c'était et perçu dans la sombre noirceur de la nuit éclairée un homme que seul un Jean Levis 501 différenciait d'une énorme bouse de vache. Son corps était criblé de balles et Robert crut comprendre qu'il cherchait à extraire quelque chose de sa poche et, interprétant les gestes de l'inconnu comme un appel à prendre ce qu'il lui tendait, il lui arracha l'objet des mains. C'était une cassette audio blanche des plus banales. Craignant d'être surpris en compagnie de cet être à moitié plus vivant Robert donna un énorme coup de pied dans le nez de l'homme qui se traînait à ses pieds (sans doute afin d'abréger ses souffrances) et s'enfui en courant.
Rentré chez lui, il s'empressa de mettre la cassette dans son lecteur et aux premiers mots, une torpeur nauséabonde s'empara de lui. La cassette parlait d'un ignoble complot destiné à rétablir la paix dans le monde, abolir le capitalisme, introduire une égalité entre hommes et femmes, entre noirs et blancs, entre basanés et noirs, entre les êtres vivants quoi. Elle parlait aussi d'une ère nouvelle qui empêcherait les uns d'exploiter les autres, une ère où l'homme n'aurait pour seul but que la quête du plaisir.
La voix émanant de la cassette prononçait d'une façon affolée les mots "Une seule chose peut nous sauver, c'est notre seule solution, nous devons appeler..." et là; la cassette se coupa. Impatient de savoir qui serait son sauveur, il tourna la cassette mais impossible d'allumer le lecteur. Il remit la face A, tout fonctionnait, face B : rien. Il se précipita dans un magasin pour essayer d'autres lecteurs, mais systématiquement, lorsqu'il mettait la face B, rien ne se passait.
Il s'acharna quelques heures encore sur cette putain de cassette puis se remémorant l'homme qu'il avait vu crever quelques heures auparavant il admit qu'il était de son devoir de patriote d'alerter le gouvernement.
Il courut à la Maison Jaune Cocu afin d'obtenir un entretient avec Doubeuleuïou Bouche le président sauveur de l'humanité capitaliste. Evidemment, il fut refoulé à la grille d'entré par deux vigiles qui le prirent pour un fou et lui pétèrent la gueule. Il essaya à maintes reprises de prendre contact avec le maître du monde Bouche, il alla jusqu'à lui envoyer un message secret caché dans un bretzel, mais encore une fois, il échoua.
Durant cinq années, il essaya en vain d'alerter quelqu'un ou même d'écouter cette foutue face B, mais rien n'y fit (n'Hi fi) et les gens commencèrent à le regarder comme un taré. Il perdit son travail, puis ses amis, puis ses affaires, puis son logement et fini par se retrouver à la rue.
Malgré son exclusion brutale de la société, il restait convaincu que la cassette qu'il possédait était le salut de l'humanité. Il pris alors la décision de monter un cabinet secret, le CSPSH (cabinet secret pour sauver l'humanité) mais il avait pour cela besoin de fonds aucul te.Il entra alors dans un trafic massif de cigarettes puis franchit rapidement toute les barrières en devenant un des plus gros fournisseurs de fraises tagada du globe (au cul l'air) puis de cocaïne puis d'armes.
Il avait enfin assez d'argent pour reprendre la mission que lui avait confié le destin. Marchant dans son salon, il passa un jour prés de son lecteur cassette et essaya, machinalement, d'enclencher son (précieuuu)trésor (ce qu'il n'avait pas fait depuis des années), et là, le miracle s'accomplit, non Jésus n'était pas revenu mais la face B s'enclenchait sans heurt aucun. Il avait suffit qu'il soit dans la contrebande pour changer la face de la cassette. Attentif au moindre son, il n'entendit pas entrer un de ses rivaux qui l'abattit froidement dans le dos. Robert s'écroula lentement à terre tandis que la cassette se déroulait "...c'est notre seule solution, nous devons appeler... Caaapitaine Flam tu n'es paaas..." une putain, une putain de musique pour enfant se dit Robert tandis qu'il sombrait peu à peu dans le néant.