Notre histoire se trame au XI°S dans un village de l’Allier. Toute la famille Boucher vivait à Tutenbourg. Le père, Jean (Jeannot la peau pour les intimes), était dépeceur de cochon, cet art se transmettait dans sa famille de génération en génération depuis trois siècles et demi. Il avait épousé une femme costaude qui travaillait toute la journée au champ. Elle lui avait donné douze enfants dont la moitié étaient mort en bas âge, un tiers restant avait succombé à une épidémie de choléra et la moitié des survivants, enfin, n’avait pas passé la grande famine de 1017.
Il lui restait donc deux filles, l’une qu’il appela Cunégonde en hommage à sa truie favorite morte en janvier de l’an 1015, et l’autre Arnolde en référence à une star du Planet Hollywood. Cunégonde était la plus jeune. Sa fraîcheur et sa légèreté n’avait d’égal que sa grâce et sa beauté. Et ce cœur à prendre était la convoitise de bien des âmes du village.
Arnolde en revanche était fort laide. On entendait même parfois sur son passage : “Et bin ma gross’, même pour quinze vaches ch’te tripouillrais pô la fente” ou bien “J’préféra encor bourrer une truie plutôt q’tâter tes miches”.
Evidemment, elle était jalouse à un point insupportable de sa sœur et une rivalité malsaine s’était installée entre elles. Pourtant, un évènement majeur allait changer le cours de leurs vies. Arnolde avait en effet imaginé un vil stratagème afin de pervertir l’image parfaite de sa sœur : un vendredi, elle attendit que Cunégonde fût partie “téter la marguerite” (jolie expression alliénoise (de l’Allier) pour dire traire la vache) et elle envoya Justin (le blouson noir du village) la violer en échange de trois quignons de pain. Je vous passe les rumeurs comme quoi la Cunégonde aurait pris bien du plaisir à la chose mais le fait est que quand Jeannot appris l’histoire, il se mit dans une colère noire et courut immédiatement enfoncer son hachoir dans le petit minois du Justin.
Mais on appris rapidement quelle était la part de responsabilité d’Arnolde dans cette histoire et la pauvre dût quitter le village.
Nul ne sait ce qu’elle fît durant les années qui suivirent sinon qu’elles travailla dans une foire pour l’attraction “la femme thon” et qu’elle y rencontra son compagnon, Willie, le nain unibrassiste (ou demi-manchot si vous préférez). Sa peau mâte (il était sénégalais) et son sourire charmeur avait rendue à Arnolde sa féminité. Elle l’épousa donc le 3 février 1022 dans la petite église du père Justin Pticoup et décida de le présenter à ses parents qu’elle n’avait pas vu depuis bien des années.
Le voyage se passa bien pour les jeunes mariés et c’est de très bonne humeur qu’Arnolde arriva à Tutenbourg. D’un commun accord, ils avaient décidé que Willie resterait dans la chariotte jusqu’à ce qu’Arnolde ait parlé avec ses parents. Elle arriva, sûre d’elle, plus belle qu’elle ne l’avait jamais été, sa robe flottant dans le vent et poussa avec la force que donne l’amour la porte de ses parents qui faillit voler en éclats.
Les larmes aux yeux et le cœur battant à tout rompre, elle dit du‘une voix chevrotante:
- “Papa, maman, je suis revenue!”
Son père qui était attablé répondit d‘un air bouleversé:
- “Oh maman! Y’a la gross’ qu’est rev’nu, ramèn moi encor d’la soupe...”
Arnolde, mise en confiance par la réaction fort chaleureuse de son père s’enhardit et jeta:
- “Je suis venue vous annoncer que j’étais mariée.”
Et le père de répondre:
- “Oh maman t’as entendue?! Face de miche s’est trouvée un nigaud!”
La mère apparue enfin:
“Qu’est c’est c’te blague?! la bouse s’est trouvé un vilain ?!”
Arnolde ravie de ces retrouvailles endiablées répondi:
- Si fait môman !
- Bah maquarelle de foie de volaille de couille de porc... il est pas aveugle au moins ton michon ?
- Non môman.
- Bah alors où qu’il est l’foldingue ?
- Juste là bas, dans la chariotte.
(- On dit pas charrette ou une cariole?
- Si mais ça faisait plus typique chariotte
- Ah bon...)
Le père se leva d’un bond, tout excité à l’idée de rencontrer le mari de sa fille chérie et dit:
- Faut q’j’vois l’phénomène! Emmène nous le donc voir pour l’rencontrer qu’on y aille!
- Hein ?!
- Présente le nous quoi!
- Aaaaah....
Alors ils allèrent jusqu’à la cariotte. Tout le village s’était joint au petit groupe pour voir celui qu’on appelait déjà l’émasculé. Arrivé à la voitrurette, Arnolde posa sa main sur la capote en tissu (la bâche quoi) et dit d’un air solennel:
- Papa, maman, je vous présente WILLIE!!
Elle découvrit l’intérieur de la transportoul et Willie apparut dans la lumière du jour, la bouche en cul de poule (il devait venir de s’arrêter de siffloter), sa main esseulée portant son sexe tout urinant en direction du pot qui se trouvait à ses pieds.
L’air s’était soudain figé et le village tout entier avait fixé son regard sur le petit monstre noir qui se trouvait dans la quatroulette comme si chacun oscillait entre curiosité et terreur...
D’un air perplexe il dit:
- “Euh... salut !”
Un hurlement se fit entendre dans la foule:
- C’est un démon, c’est un démon! Brûlons le!
- Oui ! Tuons le démons!
- Brûlons le! Brûlons le!
Des pierres commencèrent à voler en direction du pauvre nain qui, un peu mal à l’aise dans cette situation légèrement délicate, ne savait dire autre chose que:
- “Mais enfin messieurs puisque je vous dit que je ne suis qu’un nain sénégalais... m’enfin... mais écoutez...”
Arnolde se mit soudain en travers de la trajectoire des cailloux et dit:
- “Non ! Ne faîtes pas ça ! Car :
Personne dans la vie ne choisi sa couleur
L’important c’est d’écouter son coeuheur
Personne dans le monde
Ne marche du même pas
Et même si la terre est ronde
On ne se rencontre pas
C’est vrai!
Faut de tout c’est vrai!
Faut de tout c’est vrai!
Faut de tout pour faire un monde
Oh yeah!!
Les badauds s’étaient rassemblés autour d’Arnolde et la contemplaient d’un air curieux. Quand elle eu fini, le silence s’installa et quelqu’un dit:
- “C’est une sorcière, brûlons la, brûlons la!!”
Soudain, Cunégonde apparut et dit:
- Non, ne touchez pas à Arnolde!
- Oh! Cunégonde! Ma sœur, toi!
- Oui, c’est moi Arnolde, enterrons les rancœurs passées et unissons nous pour sauver Willie!
- Oh! Je t’aime tellement ma sœur! Tu as raison, il faut sauver Willie!
La baleine fit soudain un bond gigantesque et mima avec sa queue un geste d’adieux au petit garçon qui lui tendait la main du haut du rocher dans le soleil couchant de Californie...
-Je t’aime Willy!
-Brahimoumdfloipuivldjcypuyouyouhouhou (bruit de baleine)
THE END
Non c’est bon, j’déconne... allez c’est reparti!
- Non, vous ne toucherez pas à Willie, nous le protégerons jusqu’à la mort!
- On s’en fout!
- Ouais c’est des sorcières brûlons les!
- Non, violons les d’abord!
- Ouais! Ouais!
Le nain s’interposa soudain et dit:
- “Attention je suis ceinture noire de Kung-Fue-Kaïdo et si vous approchez, je vous pète les tibias!”
Malheureusement, la feinte ne pris pas et Willie fut assommé un instant plus tard.
- Violons les salopes!
- Ouais enfin... seulement Cunégonde...
- Ouéééééé!
Trente personnes (au bas mot) se jetèrent alors sur Cunégonde et la violèrent durant quatre longues heures. Elle eut ensuite beau supplier qu’on la comble à nouveau, personne ne se fît volontaire, le village entier (femmes et enfants compris) étant trop lessivé. D’un air las, un homme dit :
-Bon, on les brûle ou pas ?
Happy End
End
- Bof, si on faisait ça demain?
- Ouais, t’as raison, allons nous coucher.
Ils attachèrent les trois diableux et partirent se coucher.
Le village s’endormit peu à peu.
Willie se leva et alla vers un cheval afin que celui-ci ronge ses liens. Mais rappelons qu’il était unibrasiste, alors on lui avait attaché le bras avec les pieds, ce qui rendait la chose complexe.
Il essaya durant dix minutes de faire le poirier sous le cheval et quand il y arriva enfin, il se rendit conte qu’il était trop petit pour atteindre sa gueule.
Alors il alla réveiller sa femme qui fît rapidement, grâce à une mâchoire fantastique, le travail du canasson.
Ils réveillèrent Cunégonde et fuirent en direction du soleil levant.
Nul ne sait ce qu’il advint de ce trio mais on pense qu’il s’éclaterent sexuellement pendant 40 ans et qu’il firent fortune dans le commerce de Magic Mushroom en Indonésie.
THE END - Ouais, brûlons les!
Arnolde hurla:
- Non, vous ne pouvez pas nous brûler! Vous n’avez aucune preuve de notre sorcellerie!
- C’est vrai, elle à raison!
- Ouais, pendons les, pendons les!
- Ouéééééé!!
On chercha longtemps un arbre assez robuste pour supporter le poids d’Arnolde ainsi qu’un bonzaï pour le nain car un homme avait entendu une blague qui lui tenait à cœur.
(-Mimi Mati est morte.
(-Noooon!
(-Ouais, elle s’est pendue à son bonzaï
Enfin, comme il était de coutume dans ce joli petit village, on joua au jeu du pendu, jeu fort amusant qui consistait à éventrer les condamnés et à les pendre avant qu’il ne soit mort.
Cunégonde, Arnolde et Willie moururent dans d’horrible souffrance à la grande joie du vainqueur de ce jeu sympathique.